24 avril 2026Faut-il refaire son DPE avec le nouveau coefficient
Comprendre les éléments évalués lors du DPE Le diagnostic de performance énergétique (DPE) repose sur l’analyse de plusieurs aspects essentiels du logement, simulés sur une année complète. Ce diagnostic ne se limite pas à l'évaluation du seul système de chauffage ; il englobe cinq postes principaux qui influencent la consommation énergétique totale du bien. Le chauffage : Ce poste domine très souvent les résultats, surtout dans les habitations anciennes ou mal isolées, avec un impact qui peut représenter la majorité de la consommation totale. Le type d'appareil, son rendement, l’isolation des parois (murs, fenêtres, toit) déterminent principalement les résultats du DPE à ce niveau. L’eau chaude sanitaire : Ce second poste dépend du dispositif de production d'eau chaude. Par exemple, un chauffe-eau électrique traditionnel consomme bien plus qu’un modèle thermodynamique. Ce critère, souvent négligé, peut cependant influencer fortement la classe énergétique attribuée. Le refroidissement : Si le logement dispose d’un système de climatisation ou d'une pompe à chaleur réversible, ses consommations sont également prises en compte, tout comme le potentiel de surchauffe en été selon l’orientation, l’isolation et les équipements de protection solaire. L’éclairage : Le calcul intègre ici une valeur standardisée, quel que soit le type d’ampoule installé, car ce critère est susceptible d’évoluer régulièrement après l’établissement du DPE. Les auxiliaires : Cette catégorie rassemble tous les appareils techniques fonctionnant en continu, comme les systèmes de ventilation, les pompes de chauffage, ou la régulation. Ils restent souvent méconnus des propriétaires mais peuvent devenir significatifs, en particulier dans les logements équipés d’installations anciennes. Classement final : fonctionnement des étiquettes Après avoir additionné les consommations des différents postes, deux notes distinctes sont attribuées : la première concerne la consommation d’énergie primaire (en kWhep/m².an), la seconde correspond aux émissions de gaz à effet de serre (en kgCO₂eq/m².an). C’est la moins bonne de ces deux notes qui détermine la classe, entre A et G, affichée sur le DPE. Cette méthodologie impacte concrètement de nombreux logements. Par exemple, si l’habitation est principalement chauffée au gaz, les émissions carbone peuvent faire chuter la note malgré une consommation énergétique mesurée. À l’inverse, pour les biens tout électriques, la consommation en énergie primaire était jusqu’à récemment plombée par un coefficient défavorable. Mais depuis l’ajustement du coefficient de conversion à 1,9 (contre 2,3 auparavant), la notation énergétique de ces logements s’en trouve améliorée sans que les caractéristiques du bâtiment n’aient changé. À quoi sert le nouveau coefficient pour les logements électriques Ce changement de coefficient modifie d’autant plus la situation des propriétaires disposant d’un chauffage électrique. Dès maintenant, il est possible d’obtenir gratuitement une attestation de la nouvelle note sur le portail de l’ADEME sans refaire de diagnostic sur place. Pour certains logements, ce recalcul peut suffire à passer une classe autrefois interdite à la location (F ou G) vers une catégorie autorisée, et cela sans travaux. Cette évolution est d’autant plus cruciale que la réglementation interdit la location des logements notés G depuis janvier 2025. Les biens en catégorie F suivront en 2028. Pour information, la vente des maisons individuelles classées F, E ou G nécessite également la réalisation d’un audit énergétique, un document complémentaire au DPE qui propose des pistes d’amélioration par étapes. Faut-il refaire son DPE ? Si votre logement est chauffé à l’électricité et que votre DPE actuel a été réalisé avant l’application du nouveau coefficient, inutile de programmer immédiatement un nouveau diagnostic. Il vous suffit de générer une attestation à jour via l’ADEME pour bénéficier d’une possible revalorisation de votre classement. En revanche, si vous prévoyez d’effectuer des travaux de rénovation ou souhaitez une évaluation précise après transformation du bien, la réalisation d’un nouveau DPE demeure pertinente. En résumé, le nouveau coefficient allège indirectement la situation des propriétaires de logements tout électriques sans intervention concrète. Pensez à vérifier la classe énergétique de votre bien et à profiter du recalcul si vous êtes concerné par la réglementation actuelle.